Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

Sommaire

 

Accentuaciou

Belcop de lengos aun d’accents grafiques. Lis uns sirvissou à indica s’uno voucalo es doubèrto ou barrado, (estrèito ou larjo, coumo diziou noùstis aujòus), d’àutri sirvissou à indica s’es loungo ou courto, d’àutris enfi endicou la tounico.

Dans le premier groupe il y a les « è » du français et de l’oc. Dans le deuxième groupe il y a les ű, ő, á, í, ó, ú du hongrois. Dans le troisième groupe il y a tous les accents graphiques de l’espagnol.

En lengo d’o

Nous avons globalement deux systèmes, le mistralien et le néo-classique, avec des sous-variantes des deux côtés.

Les principes sont :

- accentuer les exceptions à une règle générale, pour éviter une prolifération d’accents.

- aider la lecture.

Les difficultés pratiques sont :

- absence éventuelle des signes graphiques souhaités dans les imprimeries.

- la mauvaise compréhension éventuelle des accents à cause du bagage scolaire de départ des lecteurs.


A- Lou sistèmo mistralen

Cet article est né d’une question qu’on m’a posée à partir de l’article « Emìli Loubet ». Pourquoi l’accent sur le i ?

Dans le système mistralien au sens strict, c'est-à-dire dans l’écriture du provençal littéraire, rappelons-nous que les –t muets ne sont pas écrits, ni les –s du pluriel.

Donc on écrit par exemple :  soun vengu à sèt ouro, soun arriba, soun davala de la mountagno, li roso an flouri. Donc, il y a beaucoup plus de « i » toniques que de i atones. L’exception, ce sont donc les « i » atones. C’est donc ceux-là qui sont indiqués. On écrit donc :  Emìli, lou Danùbi, lou flùmi, partenàri, istòri….

De même, à cause des participes passés, il y a beaucoup plus de A et de U toniques que d’atones.

La reglo mistralenco de baso

Sont atones les finales : -e, -o, -es, -on.

Explication : -e, -o sont des finales atones très fréquentes des noms et des adjectifs. -es, -on sont des finales atones très fréquentes dans les verbes.

Donc, - tous les mots qui se terminent par l’une de ces quatre terminaisons sont paroxitons, c'est-à-dire accentués sur l’avant-dernière : la roso, l’ome, parles, dison, canton, sabon.

- tous les mots qui se terminent autrement sont oxitons, c'est-à-dire accentués sur la dernière syllabe : l’oustau, lou vènt, lou saboun, lou cantoun.

Remarquez au passage que ce système permet de différencier « lou saboun » de « lou sabon », et « lou cantoun » de « lou canton » qui se prononcent de la même manière dans les Bouches du Rhône, en dehors de l’accent tonique qui est différent.

Ainsi le provençal littéraire n’a pas besoin d’accent graphique pour différencier « le savon » de « ils le savent » et « le coin » de « ils le chantent ».

(Dans le système d’Alibert, on écrit « lo sabon » sans savoir hors contexte s’il s’agit du savon ou de gens qui savent. voir plus loin.)

Remarque finale :

Comme les –s du pluriel ne sont pas écrits, on n’a pas besoin d’accent sur le ò dans des mots comme : lou caos.

Dans les autres parlers d’oc

Si l’on prend par exemple l’orthographe de l’Escolo Auvernhato, elle écrit les –t muets et les –s du pluriel.

Mais elle n'écrit pas les -n finaux du provençal qui n'existent pas en auvergnat, dans des mots comme chami (camin), fi (fin), mougui (moulin), vezi (vesin), qui sont très nombreux, et où la finale est donc représentée par un -i tonique. De plus si on devait marquer par l'accent le i tonique, ça poserait deux problèmes :

- l’Auvergne est en France et dans les imprimeries françaises, surtout au 19ème siècle, il n’y a pas de « í » qui seraient nécessaires pour écrire vaquí ou eicí.

- les Auvergnats ne souhaitent pas s’éloigner trop du système provençal pour pouvoir être lus aisément aussi par les Provençaux.

Donc on garde le système mistralien et on écrit : vaqui, eici, Emìli, sàbi (adjectif), différent de « sabi » (verbe savoir).

(Cette fidélité à l’accentuation mistralienne fait qu’on écrit dans le Cantalés :  parli, chanti, sans accent graphique, d'autant plus que tout le reste de l'Auvergne dit  parle, chante)

De même, la troisième personne du pluriel est en–ou, pas en–on. Mais la règle est de faire un « sous-système » :

- la finale –ou est tonique en dehors des verbes :  lou cantou, lou sablou, lou pichou.

- elle est atone dans les verbes : parlou, dizou, chantou, sabou.

(Bien sûr–iou est tonique, puisque c’est une diphtongue : sabiou, vouliou)

L’Escolo Gabalo de Lozère a tout simplifié en supprimant tous les accents graphiques, en principe. Dans la pratique récente, les Lozériens en rajoutent là où ils pensent que ça peut aider les débutants.

Résumé:

Dans les parlers d'oc qui écrivent le-s du pluriel:

les finales : -e, -o, -es, -os sont atones.

la finale : -ou est tonique dans les noms et atone dans les verbes.

La grafìo de l'Escolo dòu Pò

Créée par le Piémontais Tavo Burat et les Provençaux du Piémont Dino Arneodo e Antòni Baudrier, c'est l'orthographe mistralienne, mis à part qu'elle a gardé le NH que le provençal de France a abandonné pour le GN. Ce NH était encore employé au XVIIème et XVIIIème siècle dans les vallées provençales du Piémont.

Mais, les Piémontais ont été scolarisés en italien, alors on trouve souvent des notes comme :

"Tuttavia per esclusiva comodità del lettore uso alla grafia italiana, le parole tronche uscenti in a,i,u, vengono regolarment segnate: "ruhà, vengù, ensouleià"

Qu'il y ait une note ou pas, la pratique la plus fréquente en Provence italienne est d'écrire "la liberta, la soucieta"... sans accent comme Mistral, mais d'écrire les participes passés avec l'accent:vengù, passà, flourì..."

Ce système officieux a l'avantage tacite de distinguer les participes passés des infinitifs.

B- Los sistèmas neo-classics

Passons vite sur le système Perbosc-Estieu qui n’est plus employé depuis les années 1970. Mais il faut cependant mentionner que les deux zozos étaient fascinés par l’écriture presque parfaitement phonétique de l’espagnol. Ils ont donc abruptement adopté le système espagnol, qui est simple en espagnol. Règle : les mots qui se terminent par une voyelle, un –n ou un –s sont paroxytons. (accentués sur l’avant-dernière)

Explication : Les noms et adjectifs terminés par une voyelle sont très majoritairement atones paroxytons en espagnol. On tient compte aussi du –s du pluriel.

Les troisièmes personnes du pluriel des verbes se terminent par –an, et–on et sont atones.

Donc, Perbosc e Estieu écrivaient : lo cantón, l’alén,

C’était théorique car ils manquaient souvent du caractère d’imprimerie nécessaire.


Lo sistèma d’Alibert

Le pharmacien gestapiste Alibert voulait unifier l’occitan et le catalan. Il a donc adopté l’accentuation catalane, qui est simple en catalan : - sont atones les mots qui se terminent pas une voyelle, par –s après voyelle, et par –en ou –in. EN e IN sont les terminaisons atones de la conjugaison.

Donc en catalan on écrit : parlen, diuen, parlaran, faran…

En occitan d’Alibert, ça devient compliqué car les terminaisons verbales de la 3ème du pluriel dans la novlangue d’Alibert sont plus variées qu’en catalan :- an, -on, -en.

Donc Alibert crée un sous-système : Dans les noms et adjectifs ces finales sont toniques, dans les verbes, elles sont atones.

Taupiac a écrit des tonnes d’articles sur le fait que « lo sabon » est à finale tonique s’il représente le savon, et à finale atone s’il représente la phrase « ils/elles le savent ».

Cette ambiguïté est une des difficultés du système d’Alibert.

Une autre difficulté est que le système d’accentuation d’Alibert est ibérique, et s’adresse à des gens qui sortent de l’école française.

Pour un Catalan il est logique d’écrire « amorós » avec un accent graphique qui indique à la fois que le O est fermé et qu’il est tonique.

Mais quand on enseigne à des petits Français que «  Ò se prononce /o/ et O se prononce /u/ » ils sont perdus avec ce « Ó », qui en occitan se prononce /u/.

D’autant plus perdus, que pour un Français, l’idée de prononcer « amourous » accentué sur la seconde ne lui viendrait pas à l’esprit et que donc il comprend l'accent comme changeant la prononciation de la voyelle.

Ce point est une des très grosses difficultés concrètes du système d’Alibert.

La seconde est le fameux Á que Max Allières demandait d’abandonner dès 1968.

En effet, on enseigne aux élèves que « A final de prononce /o / et À se prononce /a/ » et voilà un Á accentué qu’on doit prononcer /o/ !

Alors, bien sûr, des linguistes et lettrés catalanisants et hispanisant différencient le Á du À, et le Ò du Ó, mais le Français moyen ne le fait pas, et les « Occitans » sont scolairement Français.

Par ailleurs même les lettrés admettent leur gêne quand ils écrivent en rouergat, en carcinol, en limousin, en auvergnat : parlarà, farà dirà, avec un accent sur le à pour indiquer la tonique, alors qu’ils prononcent : parlarò, farò, dirò.


 

                            Les variantes au système d'Alibert

 

                         

Déjà Salvat, qui méprisait Alibert, écrivait : pàrlan, díson, parlaran, faran

au lieu du système Alibert : parlan, dison, parlaràn, faràn.

A cause de la confusion « lo sabon », Taupiac a repris l’accentuation de Josèp Salvat, suivi assez tôt du poète niçois Reinat Toscano, qui s’est arrêté à mi-chemin et écrit : pàrlan, díson, parlaràn, faràn.

Bref, beaucoup de gens s’y perdent, y compris des professeurs d’occitan, qui ne sont pas tous certifiés, et qui enseignent du coup le système … espagnol, car ils n’ont pas repéré les différences entre le système catalan qu’ils ne connaissent pas et le système espagnol. C’est comme ça que des élèves écrivent la date avec des  dilùns, dimàrs dont les accents sont inutiles.

Avant d’être professeur, je croyais que les accents aidaient les débutants. C’est d’ailleurs peut-être vrai en Espagne, mais je vous garantis qu’en France ça les désoriente.

Même le dernier des cancres reconnait un futur : dira, fara, sans accent graphique. Même le dernier des cancres prononce d’instinct correctement : amoros, doloros, saboros

Même le dernier des cancres, une fois qu’il a vu un peu la conjugaison, prononce correctement : fazia, dizia, diria, volia, malgré l’absence d’accent graphique car il applique la règle: "A final se prononce O".

En revanche même les bons élèves prononcent mal : fasiá, disiá, diriá, voliá  et disent /fazya, dizya, dirya, bulya/.

Donc, je conseille aux drogués des graphies archaïsantes de n’enseigner que le Ò e le O, et de garder le È. Leurs élèves et lecteurs s’en porteront bien mieux.

C'est ainsi que fit mon compatriote auvergnat Benezet Vidal qui écrivit un roman en orthographe de  l'Escolo Auvernhato et un autre dans un système néo-classique. Il écrivait dans ce dernier : dizon, parlon, fazia, diria, fara, dira...


La finale -io

En provençal mistralien il y a très peu de mots avec un-io atone, puisqu'on y dit :  bòri, istòri, Itàli...

Dans les autres parlers, le système mistralien écrit : l'istòrio, la bòrio.... la Russìo, la demoucracìo, la patrìo... la chastelanio, la charestio.

Donc en provençal on note tout par l'accent. Dans les parlers en -io on considère la finale -IO comme naturellement tonique, et ce sont les deux autres cas qui sont marqués par l'accent.

Alibert a choisi le système catalan :  l'istòria, la bòria... la democracia, la Russia, la patria... la castelaniá, la carestiá.

Donc dans son système la finale accentuée sur le "i" est considéré comme naturelle. C'est exact en catalan, c'est faux en langue d'oc. Quoique il en soit, ce sont les deux autres cas qui sont marqués de l'accent graphique par le pharmacien Alibert.


Noto soubre li caractèris chausits

Le pharmacien collaborationniste Louis Alibert, par passion de la "race ibérique" qui sous-tend ses choix linguistiques et graphiques, a choisi des caractères espagnols: á, í, ú, ó

Ils n'existent pas en imprimerie et ne peuvent se faire par ordinateur qu'en copiant-collant les caractères, ce qui est très long et fastidieux si on écrit souvent en "grafia" archaïsante. Donc, les publications occitanistes ronéotypées des années 70 utilisaient â, e ô pour "á" et "ò"; ne notaient pas le "ó" ni le "í", et remplaçaient "ú" par "ù". (Plus rarement "í" devenait "î"). Aujourd'hui encore le -iá est souvent remplacé par "-ià", ce qui achève de semer la confusion. Apparemment les imprimeries ne se dépêchent pas de se fournir en caractères espagnols pour les beaux yeux de l'IEO.

 


Frédéric Mistral a choisi des caractères empruntés à l'italien :  ò, ì. (à, è, ù  existant déja en français) et a inventé le ó pour marquer la diphtongue óu /uw/.

Les imprimeries provençales se sont vite procuré ces deux caractères, ont fabriqué le troisième, et dès le XIXème siècle le provençal était correctement imprimé.


Il y a des trucs pour écrire les ò et les ì avec un clavier français :

Vous faites contrôle et alt à la fois avec la main gauche, puis, sans lâcher la main gauche, avec la main droite vous tapez O ou I, et vous avez ò et ì.

La manipulation marche aussi pour è et ù, mais nous les avons déja sur les claviers français.

Entraînement :  lou Danùbi, l'Istòrio, la crìsi.

Veirés qu'acò se fai plô viste al cap de detz minutos.

Partager cette page

Repost 0
Published by

Presintaciou

  • : Mistralenc, blog en lengo d ' oc
  • Mistralenc, blog en lengo d ' oc
  • : Le blog Mistralenc est la suite du groupe "Info d'oc" mais un blog offre plus de possibilités, notamment d'illustrations.La pratique de Info d'oc a amené à rajouter une rubrique "actualitat" car les abonnés prenaient plaisir à commenter en langue d'oc les sujets chauds.Amm' acò dounc Mistralenc es coumo Info d'oc un endrèit ounde li gents prendou plazi de charra en lengo d'oc.Es animat per li felibres de "La Coumpanhio mistralenco".
  • Contact

Nouste princìpi

UIRIONA EðI SACRA


  La vertat es sagrado


 

Rechercher

Uno citaciou d'un arabe cristiô

« So que retrazi d’uèi al mounde arabe, acò’i l’indigenço de sa counsciéncio mouralo, ço que retrazi à l’Oucident, acò’i sa proupensiou à muda sa counsciéncio mouralo en esplecho de douminaciou. »

 

                                                                                     Amin Ma'alouf

Uno citaciou inteligento

La monarchie, dans notre pays, est franque, elle n'est pas gauloise.

 

                  (Proudhon)

Henri Doniol

Les patois de la Basse-Auvergne, 1878

 

Pagino 20

 

« Si l’accentuation, qui est la prosodie de chaque langue, constitue un signe de race,  la race appartient au patois de la haute Auvergne ; dans ce cas le brivadois est en basse Auvergne le moins éloigné du parler d’autrefois, car il suffit d’ajouter peu de chose à sa prononciation pour le rendre identique au patois cantalien. »